Le titre de ce premier recueil (mais certainement pas le dernier) publié par l'auteur, "Aux confins du printemps", résume bien l'ensemble des 17 poèmes publiés ici.
S'il ne s'était agi que de printemps, j'aurais moins apprécié ces
textes. Cependant, les confins du printemps ont pour effet de nous ramener
dare-dare vers une vision plus concrète de la nature, plus organique aussi.
Et le lecteur se retrouve d'emblée dans l'épaisseur des choses,
avec ces messagers de la nature que constituent les oiseaux, les fleurs et les
arbres. On trouve pèle-mêle et par exemple un oiseau blessé, des forsythias ou
un paon inquiets, ou bien les fleurs appellent l'humus, étant très près de la
terre, comme si l'auteur voyait les végétaux avec une loupe. Même les arbres
souffrent en silence, comme partagés par l'ambiguïté des saisons.
Ainsi, cette vision en demi-teinte de la nature, dont
Marie-Françoise Ghesquier-di Fraja saisit les moindres nuances, m'a paru proche
de la réalité, et c'est ce qui fait la caractéristique, sinon la force, de
ces poèmes.
Un extrait ci-après :
"Fleurs peintes
comme autant de solitudes
émaillées au pied des arbres.
Les mots écaillés
se tiennent en retrait
à la lisière des rumeurs,
en équilibre sur l'obscur tranchant.
Fleurs funambules
sur une ligne entre ombre
et soleil.
Mince d'espoir."
A signaler que le recueil est fait à 100% par des femmes (si l'on
excepte tout de même l'éditeur qui est Michel Cosem), avec une présentation de
l'auteur par Colette Andriot en 4e de couverture, et une illustration de Cathy
Garcia à la une.
Pour vous procurer "Aux confins du printemps", qui est
vendu au prix de 6,10 €, vous pouvez écrire à Michel Cosem, 2 allée des
Allobroges 31770 COLOMIERS.
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