Publié par "Décharge / Gros Textes", dans la collection Polder, "Tu t'excuses comme un arbre", de Stéphane Gauthron, est un recueil de poèmes en vers libres.
D'emblée, lisant ce recueil, j'ai fait comme s'il ne constituait qu'un seul et même poème ininterrompu, en dépit des sauts de pages qui expriment le contraire.
C'est que, pour moi, ces poèmes constituent les épisodes inséparables d'une seule et même traversée aventureuse et étonnée de la réalité qui entoure le poète.
Une constante évidente à ce sujet : le fait que la deuxième personne du singulier soit toujours employée, ce "tu", distanciation, mais familière, ce compagnonnage avec soi pour mieux affronter l''extérieur.
Si l'incompréhension peut exister, on ne doute pas que le sujet de ce texte se sortira de toutes les embûches car en fait, il n'arrête pas d'agir (c'est quelqu'un qui travaille : "l'horrible travailleur") et de réagir à son environnement, prônant malgré lui l'adaptation aux circonstances.
L'élément déclencheur de cette traversée semble être un arbre, qui apparaît dès le début du texte.
Ou bien est-ce que le texte a déjà commencé à commencer, dans son immédiateté, avant qu'il ne soit écrit, c'est à dire beaucoup avant ?
C'est possible, après tout. "Tu t'excuses comme un arbre" est réjouissant car il montre toute les marges de manœuvre dont un homme peut disposer.
La préface de "Tu t'excuses comme un arbre" est signée Tristan Garcia.
L'illustration de couverture est de Simon Jacquard.
Extrait de "Tu t'excuses comme un arbre", de Stéphane Gauthron :
"Tu prends les choses et tu fais mal les choses
tu les tires
tu les sors
de travers
au travers de toi
tu te transperces des choses
tu as le sentiment
qu'on comprend de travers
tes comportements
qui passent d'une ombre à une autre
comme quand tu marches la nuit
sous des lampadaires
sciemment espacés
tu as peint des visages de collègues de travail
sur tes ongles
tu regardes longtemps
les mains de statues
dans les parcs
tu questionnes le sens
de la parole
de tes relations
du temps passé à se voir
et de la viande
mangée crue
tu t'assois sur les rails de chemins de fer
pour attendre le bus
tu es de moins en moins prudent
avec le regard des autres"
Si vous souhaitez vous procurer "Tu t'excuses comme un arbre", de Stéphane Gauthron, qui est vendu au prix de 7 € (+ 2 € de frais de port), rendez-vous sur le site de l'éditeur : https://www.dechargelarevue.com/Polder-210.html






