mardi 11 décembre 2018

"L'ultime", de Pré # Carré éditeur



Hervé Bougel, du pré # carré éditeur, a remis le couvert des "36 choses à faire avant de mourir", collection qu'il a créée en 2000, pour "l’ultime" fois, en cette fin 2018.

Certains des auteurs, notamment, qui avaient déjà collaboré il y a plusieurs années sur ce même projet, inspiré de l'oulipien Georges Perec, ont écrit une nouvelle version de leurs "36 choses...",, soit 36 aphorismes, ou vers, à l'intérieur d'une feuille pliée en quatre, et de couleurs différentes, selon les tirages.

La comparaison entre ces deux versions, l’ancienne, rééditée pour l'occasion, et l'ultime, peut être riche d'enseignements, car elle montre des différences dans la façon de percevoir sa vie.

Ont ainsi collaboré : Sandra Della Contrada, Virginie Thuillier, Michel Bonnargent, Édouard Schoene, Carmin Vassor, Jean-Philippe Caviglioli, Mireille Podchlebnik, Christiane Soulat, Marie-Claude San Juan, Élise Tokuoka, Cécile Audouin, Nicolas Vitas, Sylvie Lavoye, Anna Jouy, Marcella, Éric Poindron, François-Xavier Farine, et votre serviteur.

Quelques exemples de ces "36 choses à faire avant de mourir" :

François-Xavier Farine : "Shooter dans un ballon en cuir";
Sylvie Lavoye : "Dormir à la belle étoile sans avoir peur des bêtes qui piquent";
Éric Poindron : "Apprendre à jouer, même mal, de la scie musicale";
Nicolas Vitas : "Écouter les mensonges de l'écho";
Marie-Claude San Juan : "Créer le scénario d'un film posthume";
Virginie Thuillier : "Je disperserai nos âmes";
Christiane Soulat : "Tricoter un faux-col pour la girafe";
Mireille Podchbenik : "Apprendre à ne rien faire, mais apprendre";
Carmin Vassor : "Dormir sans les sombres rêves";
Michel Bonnargent : "Déclouer le christ".

Bref, une belle aventure individuelle et collective à la fois.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces 22 fascicules de "L'ultime" brassée des "36 choses à faire avant de mourir", qui sont vendus au prix de 12 € port compris, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://precarrediteur.fr

"Vox populi", de Jean-Claude Touzeil et Yvon Kervinio



Publié par l'Aventure Carto, "Vox populi", de Jean-Claude Touzeil et Yvon Kervinio, est un beau livre de photographies en noir et blanc, de grand format carré : 22 cms X 22 cms.

Jean-Claude Touzeil est l'un des cinq poètes ayant collaboré avec Yvon Kervinio, en écrivant des poèmes inspirés librement par ces photographies.

Le résultat en dit long sur le temps qui passe car, si ces photos-reportages ne sont pas si anciennes que cela (40 ans en arrière tout au plus), elles semblent déjà appartenir à un passé révolu.

Nostalgie, quand tu nous tiens ! Pas trop quand même ! Jean-Claude Touzeil, dans ses poèmes, ne tombe pas dans ce travers démonstratif, qui consisterait à dire que c’était mieux avant. C'était autre chose, et aussi un peu pareil, tout simplement.

Extrait de "Vox populi", le poème qui correspond à la photographie ci-dessus :

"Défilé

Le curé chante en latin
les louanges du mort
requiem et tantum ergo
le maire fait la grimace
l'adjoint se fend la poire
car ô miracle !
la veuve est éplorée
un voisin bientôt
la consolera
la maîtresse la star
en fait un peu trop
un autre voisin
s'en occupera
une laveuse
de linge sale
en famille
ferme la marche
tantum ergo requiem"

Pour en savoir plus sur "Vox populi", qui est vendu au prix de 19,50 €, contact : L'Aventure Carto, 13, rue du Château de la Garenne, 56410 ETEL.

mardi 4 décembre 2018

"Atlas de l'invisible", de Gabriel Zimmermann


Publié dans la collection Polder de la revue Décharge, "Atlas de l'invisible", de Gabriel Zimmermann, aborde le thème du deuil du frère, sous un autre angle, moins direct et plus passionnel que dans "Depuis la cendre", précédent livre de l'auteur.

Si je devais donner une teinte générale à cet ensemble de denses poèmes, je dirais qu'il est animal nuit.

Les deux parties qui composent "Atlas de l'invisible" et qui sont intitulées "Histoire des brèches" et "Cartographie de ce qui frémit", déclinent, de manière constante, cette couleur sombre.

Toutefois, il y a une distinction nette à opérer entre ces deux parties d'un même ensemble. Si dans la première, l'auteur semble rechercher, dans la nature, les indices de la mort, dans la seconde, son lyrisme s'enflamme dans un décor semblable, comme s'il cherchait à prendre à partie la nature, à cause de son deuil. C’est, du moins, ce qui semble être le cas, un instant. Mais non, ce n'est pas ça, il n'y a pas d'accusation, il s'agit plutôt d'une manière de vivre, d'une respiration, d'une force nouvelle.

Gabriel Zimmermann explique, d'ailleurs, nettement sa démarche dans plusieurs de ses poèmes, puisqu’un "lyrisme de rage" est revendiqué. 

La démarche est originale, à une époque où, la plupart du temps, encore, toute manifestation de lyrisme paraît suspecte en poésie. Est-ce le début d'une nouvelle ère ? 

J'ai toujours pensé, pour ma part, que le lyrisme poétique était aussi un gage de puissance, et non d'abattement. Tout dépend bien sûr comment c'est écrit.
Mais là, pas d'inquiétude !

Extrait de "Atlas de l’invisible", de Gabriel Zimmermann :

"Agonal 

Déflagration, bien sûr ! Pour toi qui saisis les mots
(et je n'ai pas dit "emploies" ni "utilises"), 
Toi qui remets ta vie en tout poème
(Oui, l'écriture en sa roulette russe),
Qui unissant la tourbe à la peau des dieux,
La sueur des chevaux à quelques affirmations d'étoiles,
La mue des serpents à un atlas illuminé,
Le quignon de pain à un rocher faisant appui pour l'éternité;
Déjouant les couleurs attendues : bleu de feuillage
Et blanc de la grotte où s'ennuient les poissons;
Brisant les répercussions répétées jusqu'à toi,
La musique où tu t'effrayais, te pétrifiais
(À nouveau, veille ici au vocabulaire),
Excitant la fureur comme on souffle
Sur la braise dans la cheminée;
Hurlant pour partager ton désir,
Tu feras de tout cri, tout tesson, toute explosivité
Ton miroir !"

La préface de ce recueil est de Jacques Darras. L'illustration de couverture est de Renaud Allirand.

Si vous souhaitez en savoir plus sur "Atlas de l'invisible", de Gabriel Zimmermann, qui est vendu au prix de 6 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.dechargelarevue.com/-La-collection-Polder-html

"L'Oiseau invisible du temps", de Murielle Compère-Demarcy


Publié par les Éditions Henry,"L'Oiseau invisible du temps", de Murielle Compère-Demarcy, regroupe en trois parties différentes, des poèmes en vers libres, à quelques exceptions près (de rares poèmes en prose).

Dans ce volume, au-delà de ses différentes parties, se dessine une constance jamais démentie. Il y est toujours question, soit de nature (ou plus largement, du monde extérieur), soit de poésie.

La plupart du temps, je n'aime pas la poésie qui parle d'elle-même, car, outre le fait que ça tourne en rond, cela donne au poème une importance qu'il n'a pas, hélas, dans la réalité. Cessez de vous faire des illusions là-dessus.

Seulement, ici, les choses sont différentes. Observations de la nature en mouvement et observation du poème en train de s'écrire sont si bien mixés que - c'est le cas de le dire - la poésie en devient plus naturelle, et trouve tout simplement son souffle.

Quant à la nature, elle est bien réelle, elle est vécue de l'intérieur par quelqu'un qui s'y connaît, qui a traîné longtemps ses guêtres dans les chemins parfois boueux. Ça sent la Picardie, d'ailleurs. Le lecteur remarquera, tout particulièrement, par la médiation des oiseaux (de l'Oiseau ?), les inflexions de la lumière, et la présence de la terre, gorgée d'eau.

Toujours avec l'aide du monde extérieur, "L'Oiseau invisible du temps" est aussi l'occasion, pour l'auteur, de rendre hommage à quatre auteurs : Jacques Darras, Blaise Cendrars, Antonin Artaud et Pascal Commère, à travers plusieurs poèmes de longueur plus importante, dans lesquels sont cités des fragments de leurs textes.

Même s'il est impossible, ici, de citer un seul de ces textes (trop long), la poésie de Murielle Compère-Demarcy y trouve son meilleur souffle, avec son style syncopé si caractéristique, et ses mots-valise qui nous emportent.

Extrait de "L'oiseau invisible du temps", de Murielle Compère-Demarcy :

"La pluie respire ruisselante
sur l'épiderme du monde
ensoleillé soudain
sous la tonnelle aux lierres d'arc-en-ciel
Soleil flambé sur toile de fond citron vert
sur cet été corrosif comme le dard d'une guêpe
Se lève une armée d'insectes
et la bouche des désirs
enfume le métro
des hyperactifs embués
du funambule anonyme
des talons aiguille désabusés
des jean serrés moulés
de fesses hypertrophiées
Les métamorphoses émiettent
des signaux d'amphibies
de crapauds-buffles en hommes-grenouilles
crapauds chanteurs
chaque respiration
chaque branchie chaque poumon
chaque évent
chaque bronche
chaque caverne
dessine les poumons bleus
d'un océan-
poubelle
continent des Hommes-Déchets
jadis Hommes-Abeilles
Cavité lobule alvéole
Fouillent chacune à son altitude
un souffle tisonné
dans la braise des pulsions
le rêve déterminé d'une autre immersion
spongiaires cnidaires vivants unicellulaires
millénaires
séculaires
embuent le hublot-fée
d'un rêve-univers
rechargé par la fièvre
comme un été respire
comme la pluie inspire
après l'apnée
une descente aux envers"

La vignette de couverture est d'Isabelle Clément.

Si vous souhaitez en savoir sur "L'Oiseau invisible du temps", de Murielle Compère-Demarcy, qui est vendu au prix de 8 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www/editionshenry.com/

samedi 10 novembre 2018

"Qu'en moi Tokyo s'anonyme", de Thibault Marthouret


Publié par les Éditions Abordo, "Qu'en moi Tokyo s'anonyme" est le deuxième recueil de Thibault Marthouret, après "En perte impure", que j'ai édité en 2013, à l'enseigne du Citron Gare.

Cinq ans se sont donc écoulés entre ces deux livres, que l'auteur a su mettre à profit pour approfondir sa manière et développer un style réellement original, à mi-chemin entre les expériences langagières et les sentiments poussés au lyrisme.

Car, si les sentiments et la recherche d'un langage à part ne sont pas étrangers à cette écriture, ce sont, à première vue, les choses qui préoccupent l'auteur.

Le titre du livre, "Qu'en moi Tokyo s'anonyme", renvoie très certainement à ce goût des choses, au-delà de la connaissance d'un lieu probablement visité : Car Tokyo, c'est le Japon, et à mes yeux de lecteur, le Japon, c'est le sens du détail, du très petit dans l'infiniment grand, cette manière d'occuper lentement l’espace dans le temps.

D'ailleurs, l'espace joue un rôle primordial dans la poésie de Thibault Marthouret.

Entre le très petit (par exemple, les lombrics) à l'infiniment grand (le ciel), dans cet empan énorme, la place est laissée au regard, qui se prolonge en imagination. Et l'être humain se retrouve au milieu, un peu hébété de se savoir seul, assis dans le silence, au milieu de ces choses, qui sont autant de natures mortes qu'il ne comprend pas (comme un very bad trip !), mais au milieu desquelles il se sent plutôt bien, finalement. 

Ce regard est aussi provoqué par un sens aigu de l'observation, non dénué d'ironie, dans certains poèmes.

À cet égard, je trouve que la poésie de Thibault Marthouret est typiquement urbaine, elle se déploie à travers un espace bondé, chargé de choses souvent inutiles qui assurent pourtant l'équilibre.

L'espace est aussi très présent dans l'image même de ces poèmes, dont les vers n'hésitent pas à se promener sur la page. Trop souvent, les poètes écrivent en ligne, comme des moutons. Eh bien, pas là ! Par exemple, la forme centrée est employée. Parfois aussi, les vers se répondent en deux colonnes. 

Par rapport au premier recueil de Thibault Marthouret, "En perte impure", les vers de "Qu'en moi Tokyo s'anonyme" sont plus longs, ils occupent réellement la page, donnant à l'écriture une ampleur nouvelle.

Bref, ce livre est une réussite, tant sur le plan du fond, que de la forme, les deux s'imbriquant étroitement (c'est bon signe). 

Il y a une vraie richesse dans le champ lexical. Idéal aussi pour rompre la monotonie du poème : ces fréquentes locutions en anglais qui donnent du rythme : quand l'espace est gagné par le son !

Le nombre élevé de détails évoqués appelle une relecture de ces poèmes. Cela tombe bien, car que demande t-on à un poème ? Qu'il ne s'épuise pas en une seule lecture...

Extrait de "Qu'en moi Tokyo s'anonyme", de Thibault Marthouret :

/entre quatre murs déboîtés 

Le soleil à ras bord remplit toutes les gouttes -
minutie de lumière sur la vitre aux coins fendillés.

Un voile tissé de traces de doigts et poussières collées se dépose
sur le statu quo dans le lit défait de la chambre au plafond trop haut.

Nous murmurons pour éviter l'écho, l'imbroglio d'espace et de silence
qui disloque les verbes, érige des murs nus entre les syllabes, étire
l'ossature des phrases en dédales où s'égarent l'entente et le toucher.

Nous murmurons dans le lit pour ne pas nous perdre
dans les mots défaits, les hasards des draps blancs, pour rassembler
les corps dans la voix basse, nous condenser

en gouttes de son - minutie de présence -
sous le vide immense, la distance menaçante, frôler le débordement.

"Qu'en moi Tokyo s'anonyme" est préfacé par Patrick Autréaux.

L'illustration de couverture est de Lisa Gervassi.

Si vous souhaitez en savoir plus sur "Qu'en moi Tokyo s'anonyme", de Thibault Marthouret, qui est vendu au prix de 15,5 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.abordo.fr/

mercredi 7 novembre 2018

"L'aidant et la folie", d'Henri Clerc



Avant d'être poésie, chacun des poèmes qui compose "L’aidant et la folie", d'Henri Clerc, publié par les Éditions Le Fardeau, sans sa collection État de Faix, se veut témoignage d'un parcours humain unique, même si bien cabossé.

J'insiste là-dessus, car le piège est tentant de trouver dans ces poèmes une richesse poétique de situation, quand elle n'est que le reflet du malheur humain.

Ainsi, avec simplicité, l'auteur parle de son expérience d'accompagnant sous des statuts différentes (stagiaire, professionnel, bénévole) en milieu social difficile : hôpitaux, maisons de retraite, unités pour malades difficiles, etc...

Comme le résume d'ailleurs bien la quatrième de couverture, l'écriture ici est sobre et directe. Elle montre aussi que la différence qui nous sépare de la folie de ces gens n'est pas si importante qu'elle en a l'air. On le sait bien, mais on l'oublie presque toujours.

Bref, c'est de la poésie qui a quelque chose à dire (pas si facile, pas si évident que ça en poésie !...).

Extrait de "L'aidant et la folie", d'Henri Clerc :

"Chaussure à son pied

Monsieur Damberg,
accroché à la rampe,
descend les escaliers
à reculons.

Pieds nus et gêné,
il triture son bonnet,
m’expliquant la perte
de ses chaussures.

Je l'emmène
voir la réserve,
mais il ne reste que des paires
de sabots sanitaires antidérapants
et des brodequins
de très grandes pointures.

Il s'énerve
Y'en a marre...
ici, vous avez que des chaussures
pour les fous et les géants !"

La couverture du recueil est d'Astrid Toulon.

Si vous souhaitez en savoir plus sur "l'aidant et la folie", d'Henri Clerc qui est vendu au prix de 7 €, rendez-vous sur le site de son éditeur (Le Fardeau) : http://henriclerc.com/index.php/publications/le-fardeau/

lundi 5 novembre 2018

"Oaristys et autres textes", de Rémy Disdero


Publié par la nouvelle maison d'édition "Cormor en nuptial" (joli jeu de mot), "Oaristys et autres textes", de Rémy Disdero, est une succession de poèmes en vers libres et de récits en prose plus ou moins courts, dont le style contribue pour une large part à façonner l'unité du livre.

C'est d’ailleurs son style qui m'a fait aimer ce livre singulier. 

Champ lexical étendu, richesse et finesse caractérisent cette écriture parfois précieuse, avec ses tournures qui semblent empruntées au 19e siècle.

De plus, les textes, qu'ils soient en prose ou en vers, s'échappent fréquemment vers l'imprévu surréaliste, pour mon plus grand bonheur.

Dans les récits, notamment celui qui donne son titre au livre (l'oaristys étant un poème amoureux, proche de l'idylle), il est souvent question de relations avec les femmes, d'où la sexualité n'est pas exclue. 

Rémy Disdero a un penchant pour l'auto-analyse minutieuse. Son je sardonique joue volontiers les dilettantes avec la vie, plaçant ainsi le lecteur à distance respectable de lui-même.

Ici, c'est plus l’affirmation du goût pour la marginalité, avec son côté face qui est sombre, que les bons sentiments, qui triomphe.

J'avoue avoir ri, plus particulièrement, à la lecture du récit "Courant ce matin-là", qui relatent des impressions de coureur à pied.

Extrait de "Oaristys", de Remy Disdero :

"Éléphant bleu

Toutes les fois que je regarde dans le monde de l'éléphant bleu
La peur me saisit les entrailles de ses tenailles pointues
Et des océans s'ouvrent au-dessus de l'univers
Qui me disent comment guider mon bateau ridicule...

J'y vois les élastiques des bouches en bois
Se découper un morceau de bonheur
Dans le monde de l'éléphant bleu
Qui écrase mon âme et chiffonne mes envies
Tous les poisons que je prends ne me font pas plus fort;
Cette réalité que tous respectent
Je ne la vois jamais, ni le jour ni la nuit,
Qu'au-devant des forêts de pièges qui me guettent
Toutes les fois que je regarde dans le monde de l'éléphant bleu."

Si vous souhaitez en savoir plus sur "Oaristys et autres textes", de Rémy Disdero, qui est vendu au prix de 16 € hors frais de port, si contact par le mail suivant : cormorennuptial@gmail.com